Ceci n’est pas une médaille.
Enfin si.
Un morceau de métal au bout d’un ruban, avec le nom d’une course, parfois une date, une distance. Un objet qui ne vaut probablement pas grand-chose et qui, après quelques années de pratique, finit par rejoindre beaucoup d’autres objets qui ne valent probablement pas grand-chose non plus.
Et pourtant.
Certaines de mes médailles pourraient disparaître demain sans vraiment me manquer. D’autres, je serais incapable de les regarder sans voir immédiatement bien autre chose que ce qui est gravé dessus.
Une préparation. Une période de ma vie. Des gens. Des difficultés. Une réussite. Parfois même une version de moi que j’avais presque oubliée.
Alors lorsque j’entends que certaines courses choisissent aujourd’hui de supprimer la médaille finisher, souvent au nom de considérations environnementales, j’ai toujours une petite réaction épidermique.
Parce que oui, une médaille n’est qu’un morceau de métal.
Mais je ne crois pas avoir jamais regardé l’une de celles qui comptent vraiment pour moi en y voyant simplement un morceau de métal.
Ceci n’est qu’un morceau de métal
La première qui me vient est celle du ChTriMan de Gravelines.
3,8 kilomètres de natation. 180 kilomètres de vélo. Un marathon pour terminer. Rien que pour cela, cette médaille compte. Parce qu’au moment où on me l’a passée autour du cou, elle signifiait quelque chose de très simple : je l’avais fait.
J’étais allé au bout d’un Ironman.
À cet instant précis, je ne crois pas lui avoir donné beaucoup plus de sens que cela. J’étais fier d’avoir terminé, fier d’avoir été capable d’enchaîner ces trois disciplines et de franchir cette ligne d’arrivée dans de bonnes conditions.
Et c’était déjà beaucoup.
Mais étrangement, cette médaille a pris de la valeur avec les années.
Aujourd’hui, lorsque je la regarde, je pense finalement assez peu aux 226 kilomètres de cette journée. J’ai même moins de souvenirs précis de la course que de certains moments qui l’ont précédée.
Je revois ces vendredis soir où j’allais nager avant de faire plusieurs heures de route pour rentrer chez moi. Je me souviens des jours de congé que j’avais volontairement conservés pour pouvoir consacrer un mercredi entier à l’entraînement : quatre ou cinq heures de vélo le matin, puis parfois plus de trois heures de course à pied le soir.
Je me souviens surtout de cette vie qu’il fallait organiser autour de la préparation. Le travail. Junior. La famille. Les amis. Les entraînements. Et cette volonté de trouver une place pour chacun sans renoncer au projet que je m’étais fixé.
Et puis il y a des souvenirs beaucoup plus difficiles.
Apprendre la disparition d’un proche pendant une longue sortie à pied et finir la séance comme on peut. Quelques jours plus tard, après une autre longue sortie à vélo, prendre la route pour rejoindre sa famille pour la cérémonie.
Je n’ai pas envie d’en tirer une quelconque leçon de courage ou de dépassement de soi.
C’est simplement arrivé à ce moment-là.
Et aujourd’hui, cela aussi fait partie de cette médaille.
C’est probablement ce qui a changé avec le temps. Le jour où je l’ai reçue, elle disait simplement : tu as terminé cette course. Des années plus tard, elle me raconte tout ce qu’il a fallu mettre bout à bout pour arriver jusqu’à cette ligne.
L’entraînement, évidemment. Mais aussi l’organisation, les choix, les difficultés, les gens qui étaient là, ceux qui ne le sont plus et, plus largement, l’homme que j’étais à cette période de ma vie.
Cette course arrivait aussi au terme de près de deux années de reconstruction personnelle. Je ne le mesurais probablement pas complètement en passant la ligne. Avec le recul, je sais que cette réussite a refermé quelque chose.
C’est peut-être pour cela que j’en suis toujours aussi fier.
Pas du morceau de métal.
De tout ce qu’il contient.
Toutes les médailles ne valent pas la performance qu’elles récompensent
On pourrait facilement imaginer que plus la performance est importante, plus la médaille qui l’accompagne a de la valeur.
Un premier marathon plutôt qu’un 10 kilomètres. Un Ironman plutôt qu’un format plus court. Un record personnel plutôt qu’une course moyenne.
Mais ça ne fonctionne pas vraiment comme ça.
Parce que nous ne donnons pas de valeur à une médaille en fonction du nombre de kilomètres parcourus, du classement ou du chrono affiché à l’arrivée. Nous lui donnons la valeur de ce que nous avons vécu pour l’obtenir.
J’ai par exemple une médaille du Triathlon de La Rochelle qui correspond, sur le papier, à l’une de mes moins bonnes performances. Pourtant, elle compte énormément pour moi. Je traversais à cette époque une période personnelle compliquée et quelques soucis de santé. Avec le recul, je n’aurais probablement même pas dû prendre le départ.
Je l’ai pris malgré tout.
Cette course ne m’a pas appris que j’étais particulièrement performant. Elle m’a surtout permis de découvrir une force de caractère que je ne me connaissais pas encore. Et cette découverte a compté dans certaines décisions prises par la suite.
Le chrono, lui, est depuis longtemps devenu anecdotique.
À l’inverse, je garde un excellent souvenir d’un petit trail de campagne terminé à une inattendue cinquième place après une belle remontée. Une course sans objectif particulier, devenue en quelques kilomètres un moment dont je me souviens encore parfaitement.
Ce jour-là, il n’y avait pas de médaille.
Cela ne m’empêche évidemment pas de me souvenir de la course. Mais j’aurais aimé en avoir une.
Et c’est peut-être là que se trouve une partie de la réponse.
Une médaille ne fabrique pas un souvenir. Elle l’illustre.
Elle devient un objet auquel on peut raccrocher une histoire.
Et cette histoire peut être immense derrière une toute petite course.
Un premier 5 kilomètres après des mois de sédentarité. Un premier 10 kilomètres. Une course terminée avec son enfant. Un retour à la compétition après plusieurs années. Un record espéré depuis longtemps. Ou simplement une journée particulière dont on ne mesurera peut-être l’importance que beaucoup plus tard.
C’est aussi pour cela qu’il est difficile de décider de l’extérieur quelle médaille mérite d’être conservée et laquelle finira inutilement au fond d’un tiroir.
La difficulté de la course est objective. La valeur de ce qu’elle représente ne l’est jamais.
Une médaille ne dit presque rien de celui qui la reçoit
Sur une ligne d’arrivée, toutes les médailles se ressemblent.
Même course. Même distance. Même ruban. Même morceau de métal passé autour du cou de chaque finisher.
Et pourtant, elles ne racontent jamais tout à fait la même histoire.
Pour certains, cette course était un objectif parmi d’autres dans une saison déjà bien remplie. Pour d’autres, c’était la première. Celle préparée depuis six mois. Celle dont ils n’étaient même pas certains de voir un jour la ligne d’arrivée.
Pour un ami, la médaille de son premier 10 kilomètres représente beaucoup plus qu’un premier dossard.
Il fumait beaucoup. Lorsqu’il a arrêté, il s’est mis à courir. Petit à petit, jusqu’à prendre le départ de ce premier 10 kilomètres et à le terminer.
Sa médaille ne dit rien de tout cela.
Elle porte le nom d’une course, éventuellement une distance et une date. Exactement comme celle du coureur arrivé quelques minutes avant ou quelques minutes après lui.
Mais lui sait ce qu’il y a derrière.
Et son histoire n’a rien d’exceptionnel.
Derrière une médaille, c’est peut-être quelqu’un qui a arrêté de fumer. Quelqu’un qui a perdu du poids. Quelqu’un qui revient d’une période difficile. Quelqu’un qui court pour une personne absente. Quelqu’un qui voulait simplement vérifier qu’il en était capable.
Ou un enfant qui monte pour la première fois sur un podium.
Junior avait terminé troisième d’un triathlon. Son premier podium. Il n’y avait pas de médaille ce jour-là et il en avait été particulièrement déçu.
Deux ans plus tard, il s’en souvient encore.
Est-ce qu’une médaille aurait changé sa performance ? Évidemment que non.
Est-ce qu’elle aurait changé son souvenir ? Probablement un peu.
Et finalement, c’est peut-être toute la difficulté lorsqu’on réfléchit à l’intérêt de ces objets.
Un organisateur voit nécessairement des centaines ou des milliers de médailles à commander, fabriquer, transporter puis distribuer.
Le concurrent, lui, n’en voit qu’une.
La sienne.
Et personne ne peut réellement savoir ce qu’elle représente pour lui.
Sur une ligne d’arrivée, l’organisateur distribue donc le même objet à tout le monde.
Mais il ne distribue jamais la même médaille.
Alors pourquoi commence-t-on à les supprimer ?
La question environnementale prend aujourd’hui une place de plus en plus importante dans l’organisation des événements sportifs.
Et c’est évidemment une bonne chose.
Organiser une course a un impact. Les déplacements des participants, les ravitaillements, les déchets, le balisage, les équipements distribués, toute la logistique nécessaire pour accueillir parfois plusieurs milliers de personnes.
Les objets remis aux participants en font partie.
Moins de médailles, c’est moins de matières premières, moins de fabrication, moins de transport et, au bout du compte, moins d’objets dont certains finiront probablement oubliés dans un tiroir.
Sur le principe, difficile d’être contre.
Et pourtant, lorsque je vois une organisation annoncer la suppression de la médaille finisher pour réduire son impact environnemental, ma première réaction est généralement beaucoup moins nuancée :
Pipeau.
La réaction est volontairement provocatrice. Parce qu’évidemment, supprimer plusieurs milliers de médailles a nécessairement un effet. Mais je me demande toujours si l’écologie est la seule raison de cette décision ou si elle permet aussi, parfois, de réaliser une économie assez facile à justifier.
D’autant plus lorsque la médaille disparaît mais que d’autres objets continuent d’être distribués systématiquement aux participants.
Ce n’est donc pas tellement la disparition de la médaille qui me dérange. C’est davantage la décision prise à la place de celui qui va la recevoir.
Car parmi ces milliers de médailles qui ne seront pas produites, combien auraient réellement fini oubliées dans un tiroir ?
Probablement beaucoup.
Mais certainement pas toutes.
Et nous revenons finalement au même problème : personne ne peut savoir à l’avance laquelle comptera.
Ni l’organisateur.
Ni même celui qui la reçoit.
Peut-être que la bonne question n’est donc pas de savoir s’il faut produire ou supprimer les médailles pour tout le monde.
Mais simplement de demander à chacun :
Est-ce que vous en voulez une ?
Et si on nous laissait simplement choisir ?
Finalement, il existe peut-être une solution beaucoup moins compliquée que le débat entre ceux qui veulent conserver les médailles et ceux qui considèrent qu’elles sont devenues inutiles.
Ne pas décider à leur place.
La plupart des inscriptions aux grandes courses ont lieu plusieurs mois à l’avance. Il serait donc tout à fait possible de demander au participant, au moment de son inscription, s’il souhaite recevoir une médaille à l’arrivée.
Ceux qui n’en veulent pas n’en prennent pas.
Ceux qui y tiennent la choisissent.
Et s’il faut payer quelques euros supplémentaires pour couvrir sa fabrication, pourquoi pas. Au moins, les choses sont claires : on ne produit pas systématiquement un objet qui ne sera pas désiré et on ne prive pas non plus celui pour qui il compte.
Personnellement, je cocherais la case.
À chaque fois.
Pas parce que toutes les courses auxquelles je participe sont importantes. Certaines ne sont que des étapes dans une saison, des courses de préparation ou simplement l’occasion de mettre un dossard sans objectif particulier.
Mais parce qu’il est impossible de savoir avant le départ ce qu’une course deviendra après l’arrivée.
Je l’ai appris avec La Rochelle. La valeur que je donne aujourd’hui à cette médaille n’est pas celle que je lui donnais le soir de la course.
Elle s’est construite après.
Et c’est peut-être là que le choix devient intéressant.
Choisir une médaille au moment de l’inscription, ce n’est pas décider qu’elle aura de la valeur.
C’est simplement choisir de garder la possibilité qu’elle en ait un jour.
Cela suppose évidemment un peu d’organisation supplémentaire pour les organisateurs. Il faut anticiper les quantités, gérer les choix des participants et probablement accepter qu’il reste malgré tout quelques médailles inutilisées.
Mais organiser une course, c’est déjà essayer de satisfaire des milliers de personnes qui ne viennent ni avec les mêmes attentes, ni avec les mêmes objectifs.
Alors entre imposer une médaille à tout le monde et la supprimer pour tout le monde, il existe peut-être une voie assez simple :
demander.
Et laisser chacun décider de ce qu’il souhaite rapporter de sa ligne d’arrivée.
Ce n’est pas une collection
À force de courir, forcément, les médailles s’accumulent.
Quelques-unes au début. Puis une dizaine. Puis suffisamment pour qu’elles finissent par s’entasser les unes contre les autres.
Et c’est peut-être là, justement, le revers de la médaille : à mesure qu’elles deviennent nombreuses, elles peuvent donner l’impression de ne plus rien avoir d’exceptionnel.
Pourtant, je crois exactement l’inverse.
Parce que ce n’est pas une collection.
Je ne choisis pas une course pour ajouter une médaille à celles que je possède déjà. Je choisis une course pour sa distance, son parcours, sa place dans ma saison, l’objectif que je lui donne ou simplement l’envie d’y participer.
La médaille, elle, reste après.
Et quand elles s’accumulent, elles ne racontent pas toutes de grandes performances.
Il y a celle d’un 10 kilomètres terminé avec une cheville en vrac et une douleur dont je me serais volontiers passé. Celle d’une course famille en relais partagée avec Junior. Celle du premier triathlon L. Du premier marathon.
Et puis toutes les autres.
Certaines racontent une étape importante. D’autres une anecdote. Certaines ne racontent presque rien aujourd’hui.
Aujourd’hui.
Parce que c’est probablement l’erreur que l’on fait lorsqu’on regarde toutes ces médailles accrochées les unes à côté des autres : leur valeur n’est pas figée le soir de la course.
Elle peut diminuer.
Elle peut augmenter.
Elle peut même apparaître plusieurs années plus tard.
Et au milieu de toutes celles que j’ai reçues, il y en a d’ailleurs une qui n’existe pas vraiment.
Sur une épreuve où j’avais enchaîné trois triathlons ( XS, M puis L ) en trois jours, aucune médaille n’était prévue à l’arrivée.
J’avais trouvé ça franchement dommage.
Alors j’avais récupéré un petit objet offert par l’organisation et les trois bracelets de couleurs portés sur le parcours pour fabriquer moi-même quelque chose qui ressemblait à une médaille.
Complètement inutile.
Et donc parfaitement indispensable.
Elle n’a aucune valeur.
Sauf la mienne.
Le carton poussiéreux
Il reste évidemment une objection assez simple.
À quoi bon conserver toutes ces médailles si, dans vingt ou trente ans, elles finissent dans un carton au fond d’un grenier ?
Peut-être.
Mais ce carton est justement une partie de la réponse.
Aujourd’hui, mes médailles sont dans mon salon. Pas vraiment exposées comme des trophées, plutôt installées dans un endroit assez discret. Je les vois régulièrement. Parfois je les regarde, parfois je passe devant sans même y prêter attention.
Et peut-être qu’un jour elles finiront effectivement ailleurs.
Dans une boîte.
Dans un grenier.
Sous une bonne couche de poussière.
J’espère simplement que ce sera le plus tard possible.
Et puis un jour, peut-être, le hasard me ramènera à cette boîte en compagnie d’un petit-fils ou d’une petite-fille.
Il ou elle sortira une médaille, regardera le nom d’une course jusque-là inconnue et demandera :
« C’était quoi, celle-là ? »
Alors le morceau de métal redeviendra une histoire.
Je pourrai raconter une course. Une préparation. Une galère. Une réussite. Une déception. Peut-être lui parler de son père lorsqu’il était enfant, d’une course que nous avions faite ensemble ou d’un moment dont il n’aura évidemment aucun souvenir.
Et probablement lui transmettre, sans avoir besoin de lui faire un grand discours, un peu de ce que le sport m’aura appris sur le travail, la régularité, l’abnégation ou simplement la capacité à continuer.
Je ne considère pas pour autant mes médailles comme un héritage destiné à Junior.
D’ailleurs, s’il en veut, il va falloir qu’il se les gagne.
Celles-là sont à moi.
Mais les histoires qui sont derrière, elles, pourront toujours se transmettre.
Finalement, le concurrent qui jette aujourd’hui sa médaille dans un tiroir est peut-être aussi celui qui, dans trente ans, sera heureux de la retrouver au fond d’un carton.
Il ne le sait simplement pas encore.
Et c’est peut-être ça, le plus étrange avec ces objets qui ne valent presque rien :
on ne sait jamais vraiment quand ils vont commencer à valoir quelque chose.
Et puis, un jour, la dernière
Il y en a une à laquelle je ne pense pas encore vraiment.
La dernière.
J’espère qu’elle arrivera le plus tard possible. À 70 ans. 75. 80, pourquoi pas.
Probablement sur une course beaucoup plus courte que celles que je fais aujourd’hui. Avec un chrono dont je me serais moqué quelques décennies plus tôt et une place au classement que je ne prendrai même plus la peine de regarder.
Mais si, ce jour-là, on me proposait de choisir entre repartir avec un beau tee-shirt imprimé et une simple médaille portant le nom et la date de la course, je sais déjà laquelle je choisirais.
La médaille.
Elle irait rejoindre toutes les autres.
Mais elle serait au-dessus.
Pas parce qu’elle serait plus belle. Pas parce que la course aurait été plus difficile. Et certainement pas parce que la performance serait meilleure.
Simplement parce qu’elle raconterait que, jusque-là, j’ai continué.
Reste une question à laquelle je n’avais jamais vraiment pensé avant d’écrire cet article.
Et si ma dernière course ne donnait pas de médaille ?
Je pourrais dire que cela n’aurait aucune importance. Que les souvenirs suffisent. Que toutes celles accumulées auparavant racontent déjà largement l’histoire.
Peut-être.
Mais en réalité, je n’ai pas la réponse.
Et je crois que je préfère ne pas l’inventer.
Petit bout par petit bout
Une médaille raconte donc rarement seulement une course.
Elle raconte ce qu’il y avait avant. Parfois ce qu’il y a eu après. Une période, des choix, des gens, des difficultés, quelques réussites et beaucoup de choses que personne ne peut deviner en regardant simplement l’objet.
Et puis les années passent.
Les courses s’enchaînent. Les distances changent. Les chronos aussi. Certaines médailles prennent de l’importance, d’autres en perdent. De nouvelles viennent rejoindre les anciennes.
Petit bout par petit bout.
Course après course.
Année après année.
Et lorsqu’on finit par les regarder toutes ensemble, elles racontent peut-être encore autre chose.
La régularité.
Pas celle d’un plan d’entraînement parfaitement respecté pendant douze semaines. Pas celle d’une série de séances cochées consciencieusement dans une application.
Celle qui se construit sur beaucoup plus longtemps.
Continuer à courir quand les objectifs changent. Continuer à s’entraîner quand la vie autour évolue. Recommencer après une coupure. Accepter parfois d’aller moins vite. Puis repartir sur autre chose.
Continuer, simplement.
Alors peut-être qu’un jour, toutes ces médailles réunies ne seront pas la preuve que j’ai été sportif.
Elles seront la trace que j’ai continué de l’être.
Et finalement, c’est peut-être ce que j’aimerais voir en regardant la dernière posée au-dessus des autres.
Pas un chrono.
Pas un classement.
Pas même une médaille.
Ceci n’est pas une médaille.
(Illustration réalisée avec une IA)
