42,195 km pour clôturer six mois de travail.
FICHE COURSE
Épreuve : Marathon de la Liberté
Date : 7 juin 2026
Lieu : Caen, Normandie
Discipline : Course à pied sur route
Distance : 42,195 km
MES OBJECTIFS
Plan A : passer sous les 3 h 10.
Plan B : réaliser une course aboutie, sans objectif chronométrique strict.
Plan C : améliorer les 3 h 23 de mon marathon d’Ironman. Même si, soyons clairs, un chrono au-delà de 3 h 15 m’aurait quand même un peu déçu.
3 h 11 min 39 s
Classement général : 245e / 4 753
Classement M1 : 37e
Bilan : plan B atteint !
Pourquoi je suis là
Après plusieurs années consacrées au triathlon longue distance, j’avais envie de relever un nouveau défi : mon premier marathon « sec ».
Avec un semi-marathon en 1 h 25 et un marathon d’Ironman en 3 h 23, je savais que les jambes pouvaient répondre. Mais courir 42,195 km sans avoir nagé ni pédalé avant, c’était encore une autre histoire.
Je venais à Caen avec une ambition chronométrique, évidemment. Mais surtout avec l’envie de réaliser une course aboutie. Un marathon que je pourrais regarder après coup en me disant que j’avais fait les choses correctement.
La prépa
Six mois pour arriver sur cette ligne de départ.
Dont douze semaines de préparation spécifique.
- 5 à 6 séances par semaine
- 60 à 80 km hebdomadaires environ
- Campus pour construire et suivre le plan d’entraînement
Début janvier, je ne savais pas vraiment où j’allais. Mais j’y suis allé quand même.
L’idée était assez simple : retrouver une condition physique correcte, reprendre de la régularité et voir jusqu’où je pouvais aller. Pas besoin de tout prévoir dès le départ. Une semaine après l’autre, les kilomètres ont commencé à s’accumuler et le projet a pris forme.
Mentalement, j’ai plutôt bien vécu ces six mois. Physiquement, il y a quand même eu un passage plus compliqué. Deux ou trois semaines de fatigue assez marquée, quelques séances laissées de côté et la nécessité de lever un peu le pied.
Pas idéal, mais probablement nécessaire.
Pour les douze semaines spécifiques, j’ai choisi de tester Campus. Une expérience globalement positive, même si certaines recommandations ont demandé un peu de recul et quelques adaptations en fonction de mes sensations.
Au final, je n’ai pas fait une préparation parfaite.
Mais j’ai fait une préparation sérieuse. Et au moment de prendre le départ, c’est largement suffisant pour être confiant.
La course
Premier kilomètre : 4’40–4’45/km.
Un départ prudent. Pour une fois, je ne me laisse pas emporter par l’ambiance.
Enfin… pas complètement.
Parce que les sensations sont excellentes. La température est idéale, les jambes tournent toutes seules et, très rapidement, je me retrouve à courir entre 4’20 et 4’25/km.
Un peu vite pour un objectif à 3 h 10.
Pendant les quinze premiers kilomètres, je passe presque plus de temps à me freiner qu’à chercher mon allure.
« Attention, tu vas vite là. Ne le regrette pas dans la deuxième partie ! »
Pour le moment, tout va bien.
Puis vient la remontée du canal, après Ouistreham.
Dix kilomètres face au vent.
L’allure redescend autour de 4’30/km, exactement ce que j’avais prévu. L’effort devient un peu moins confortable, mais les jambes répondent toujours.
Jusque-là, le marathon se déroule presque comme sur le papier.
Et puis arrive le 28e kilomètre.
Le parcours commence à monter. Pas de quoi se croire sur un trail de montagne, mais suffisamment pour que les jambes comprennent que la promenade est terminée.
L’essentiel du dénivelé se concentre sur cette portion. Mon allure glisse vers 4’45/km. Les kilomètres commencent à peser, la fatigue s’installe.
Pour autant, je reste serein.
C’est dur. Évidemment que c’est dur. On approche des trente kilomètres d’un marathon.
Mais je ne panique pas, je ne cherche pas à forcer pour récupérer chaque seconde perdue et, surtout, je ne doute jamais de ma capacité à aller au bout.
D’autant que je connais le parcours.
Je l’ai reconnu avant la course et je sais qu’une longue descente m’attend vers le 39e kilomètre. Depuis un moment, je compte dessus. Une fois arrivé là, le plus difficile sera derrière moi. Je pourrai relâcher les jambes et me laisser porter jusqu’à l’arrivée.
Enfin…
C’est ce que je croyais.
Cette descente est un enfer.
J’ai l’impression que tout le dénivelé grimpé pendant les dix kilomètres précédents se redescend d’un seul coup. Les muscles se contractent, les crampes ne sont pas loin et chaque foulée devient désagréable.
Moi qui attendais cette descente comme une délivrance, je découvre qu’elle est probablement le passage le plus difficile de mon marathon.
Cette foutue descente qui devait être mon salut !
Heureusement, en bas, tout change.
On débouche dans l’hypercentre de Caen, et là, quelle ambiance !
Du monde partout. Des encouragements, du bruit, des gens qui nous portent littéralement vers l’arrivée.
La fatigue est toujours là, bien sûr, mais pendant quelques instants, elle passe au second plan. Je retrouve même une allure proche de 4’15/km sur le dernier kilomètre.
Après cette traversée de la ville, l’entrée dans le stade est presque surprenante.
C’est calme. Trop calme, même, après ce qu’on vient de vivre dans les rues.
Et puis la ligne.
3 h 11 min 39 s.
C’est terminé.
Ce que j’en retiens
Il me manque 1 minute et 39 secondes pour passer sous les 3 h 10.
Et sur le moment, je m’en fiche complètement.
J’ai couru mon premier marathon sec. Je ne me suis pas effondré, je n’ai jamais douté de pouvoir terminer et, surtout, j’ai eu le sentiment de maîtriser ma course du début à la fin.
C’était mon objectif principal.
Faire une course aboutie.
Pas nécessairement parfaite. Pas forcément la plus rapide possible. Mais une course où je pourrais regarder ce que j’avais fait et me dire que les décisions avaient été les bonnes.
Ce n’est que dans les jours suivants, notamment à travers les messages reçus, que je prends réellement conscience de la valeur de ce 3 h 11.
Au fond, le chrono vient surtout valider quelque chose de plus important à mes yeux : six mois de travail, de régularité, quelques ajustements et la satisfaction d’avoir réussi à mettre tout ça en pratique le jour J.
Et ça, les 99 secondes manquantes n’y changent rien.
Nutrition
Avant le départ
- 1 gel Decathlon : 30 g de glucides
Pendant la course
- 7 gels Decathlon, classiques et caféinés en alternance : 210 g
- 1 litre d’ISO+ Decathlon : 60 g
- Eau aux ravitaillements
Total pendant la course : 270 g de glucides
Moyenne : 84,5 g/h
P.-S. — Quatre mois plus tard…
Avec un peu de recul, je crois que ce marathon a marqué la fin d’un cycle. Mais pas forcément de la manière que j’imaginais.
Après six mois à faire attention à l’entraînement, à l’alimentation et à la récupération, je me suis accordé un peu de relâchement.
Enfin, « un peu »…
Pendant près de deux mois, j’ai surtout profité de ne plus avoir de plan à respecter. L’entraînement est passé au second plan, l’hygiène de vie aussi, et la régularité que j’avais mis six mois à construire s’est assez rapidement envolée.
Je ne regrette pas cette période. J’avais aussi besoin de souffler.
Mais elle m’a rappelé une chose : retrouver une bonne condition physique demande du temps. La laisser s’échapper peut aller beaucoup plus vite.
Entre-temps, une autre idée avait commencé à prendre forme : Journal d’un Papa Triathlète. Un endroit pour raconter ma pratique, partager mes expériences et, peut-être, donner quelques pistes à ceux qui essaient eux aussi de faire une place au sport dans des journées déjà bien remplies.
Et puis l’envie de triathlon est revenue.
Avec un nouvel objectif en tête : passer sous les 10 heures sur Ironman.
Alors j’ai repris l’entraînement, retrouvé progressivement mes habitudes et commencé à organiser la suite.
Caen m’a montré ce que je pouvais obtenir avec six mois de régularité.
À moi maintenant de voir ce que je peux construire avec quelques mois de plus.
